Désire-moi qui désirera le dernier

par Marie Albert

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Je me consume de désir pour toi

Je refuse ton pénis dans mon vagin

J’écris sur mon avant-bras « Pas de pénétration »

Tu regardes, tu touches, tu lèches ma nuque

Je te supplie de me baiser profond

Je renonce à mes résolutions

J’attrape une infection urinaire

Je me tiens seule sur la cuvette des toilettes

Je pleure de rage, tu es parti, tu t’en moques

Tu regardes les Pyrénées et m’écris une lettre

Que je ne reçois jamais dans ma boîte

Je me réveille ce matin, le goût de sang sur les lèvres

Tu n’existes que dans mes angoisses

Ma peau, mon oreille, ma langue et mon odorat oublient ton corps

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Je retourne le désir dans tous les sens, il n’existe pas

Tu me désires le premier, je te contourne sagement

Je baise un autre homme dans les toilettes du camping

Je me retourne sur toi lorsque je me retrouve seule

Tu me dévores de tes yeux clairs, je tombe dans un trou

Je me réveille avec ta langue sur mon clitoris

Nous baisons dans l’herbe et sur la pierre

Dans le lac et dans mes draps

Sur un chaise et sur un matelas

Je me dénude, tu ignores mes vêtements

Je ne ferme pas l’œil la nuit, je préfère nos peaux

Elles se décollent l’après-midi, sans douleur

Tu retrouves la liberté et le silence

Je rencontre l’angoisse et la solitude

Tu laisses la maison vide et froide

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Je remplis la baignoire d’eau brûlante

Je me masturbe sans ton image

Je crie longtemps, personne n’écoute

Je m’installe devant mon roman qui piétine

Les mots s’imposent d’évidence

Je tombe amoureuse d’un mirage

Je connais le même depuis six mois

Est-ce que tu te souviens ?

Est-ce que tu te touches ?

Est-ce que tu reviens ?

Je t’écris une lettre d’amour chaque matin

Je ne la poste jamais, sinon tu la reçois

J’ai honte de ma naïveté et de mon obsession

Je ne te désire plus depuis l’infection

Je rêve de passion et de complétude sans te connaître

Qui es-tu ?

M’aimes-tu ?

Tu ignores tout de ma souffrance

Je la garde entre mes intestins

Je brûle de te connaître, de te toucher et de te sourire

Seulement si tu me désires en premier

août 2019, Castres