Paulasonic

écoute mon podcast, s’il te plaît

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Cet épisode s’appelle : Je suis amoureuse. Je peux aussi l’appeler : Comment dépendre de l’amour dans une société patriarcale.

Je me définis comme dépendante affective. Aujourd’hui, je suis dépendante d’un mec qui s’appelle A. Mais la semaine dernière, j’étais dépendante de B. Et le mois d’avant, j’étais dépendante de C. Je n’arrive pas à suivre moi-même, tellement les connards s’enchaînent. Mais sont-ils vraiment des connards ? Et comment m’en sortir ?

Pour l’écouter : clique sur ce lien 🎧 (il est aussi disponible sur ton application de podcast). Si tu veux soutenir mon travail, tu peux me donner ici : fr.tipeee.com/marie-albert. Bisous.

16 janvier 2019, Paris

descente de drogue

theo_film_2016--81Je vais pas raconter l’histoire : c’est toujours la même

ce blog est une histoire toujours recommencée

celle du patriarcat du sexe, des émotions et de l’amour

aujourd’hui je pense à la lectrice de ces lignes

car je n’aime pas savoir qu’ils me lisent

aujourd’hui j’ai ouvert les yeux à neuf heures

j’ai allumé mon téléphone et la mauvaise personne m’a envoyé un message

je n’ai pas répondu

j’ai appelé mes amies pour demander leur soutien

j’ai pris de la drogue : mardi 24, mercredi 25, jeudi 26, vendredi 27, samedi 28, dimanche 29 et lundi 30 décembre 2019

aujourd’hui je n’ai plus rien et le trou se creuse dans mon estomac

je me force à manger pour le combler

suis-je la seule à vouloir mourir quand le sexe s’achève ?

suis-je la seule à pleurer quand mon téléphone reste éteint ?

suis-je la seule à supplier un homme de me regarder ?

Je ne l’aime pas

aujourd’hui j’ai déjeuné à quatorze heures avec ma sœur

j’ai beaucoup ri

je me lève pour rejoindre mon lit

mon genou droit toujours explosé me torture

je ne me masturbe pas puisque la libido est repartie là-haut

je rêve de me venger, de trouver un nouveau fournisseur ou d’abandonner la société

je te hais si fort de subtiliser ma drogue

est-ce que je peux la fabriquer moi-même stp ?

DEMAIN C’EST 2020

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« Suce-moi »

De la distribution genrée du DATE

Un soir, K. m’écrit: « Je t’invite à faire à manger et à boire chez moi. »

Un matin, M. m’écrit: « Allons déjeuner ou prendre un café. »

Une nuit, L. m’écrit: « Tu viens habiter à Lyon et on se met ensemble. »

Toute une journée, J. tergiverse sur l’heure et le lieu du rendez-vous, puis ne donne plus de nouvelles. « Désolé, j’étais occupé. »

Il faut toute la patience pour surmonter l’épreuve du feu post-SEXE. Rester aux pieds du héros de la nuit. Ne pas proposer mais acquiescer puis attendre en vain des nouvelles qui ne veulent pas venir puisque c’était écrit, un coup d’un soir reste un coup d’un soir.

Je ne faisais pas dans le harcèlement jusqu’à peu. J’ai découvert cela hier et une désagréable odeur de sueur me sort de la bouche quand j’y pense. Je sens le pot de fleur s’emparer de mon corps et de mon esprit. J’ai séduit et après ? Le grand trou noir de l’OUBLI me happe toute entière.

La conversation les intéresse beaucoup moins c’est certain. Mais comment les en blâmer ? Je fus pareille. Je suis devenue #PATIENCE

Inversons les rôles!

Je connais mon autoritarisme. Ces hommes sont tout sauf autoritaires. Ils n’ont pas conscience qu’ils donnent des ordres.

Pire, plus d’un peut sortir « Suce-moi » en plein coït, comme si ses désirs étaient naturellement ordres.

Alors je tente d’inverses les rôles. Ai-je donné des ordres ? oui. Au premier date ? non. Le rapport de domination s’instaure-t-il dès l’ouverture ? sans doute. J’ai menti, aucune relation ne se ressemble. Je manque d’habitude dans cette chasse gardée qu’est la drague mâle-femelle.

Je resterai passive et attendrai qu’il me cueille. Puisque l’inverse ne me satisfait plus.

T’as rien compris ? cool

Mon plan à trois sur un bateau

Cabine personnelle

Je te présente un hors-série de mon podcast Marie Sans Filtre. Il a été enregistré le 26 février 2019 sur un bateau-cargo naviguant sur la mer du Japon. Simple passagère, je viens de passer la nuit avec deux marins ukrainiens, Vadim et Jénya. Dans cet épisode sans filtre, je raconte notre plan à trois raté, et mes conclusions hâtives.

Pourquoi diffuser mon histoire de cul ? Parce que l’intime est politique. Dire “je”, quand on est une femme, est politique. Raconter sa vie sexuelle, quand on est une femme, est politique. Je suis lasse d’entendre les hommes étaler leurs exploits sexuels. Je leur reprends le micro pour raconter ma version des événements. Je déconstruis la sexualité patriarcale pour en bâtir une nouvelle, plus égalitaire.

Pour l’écouter : clique sur ce lien 🎧 (il est aussi disponible sur ton application de podcast). Si tu veux soutenir mon travail, tu peux me donner ici : fr.tipeee.com/marie-albert. Bisous.

décembre 2019, Paris

 

Désire-moi qui désirera le dernier

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Je me consume de désir pour toi

Je refuse ton pénis dans mon vagin

J’écris sur mon avant-bras « Pas de pénétration »

Tu regardes, tu touches, tu lèches ma nuque

Je te supplie de me baiser profond

Je renonce à mes résolutions

J’attrape une infection urinaire

Je me tiens seule sur la cuvette des toilettes

Je pleure de rage, tu es parti, tu t’en moques

Tu regardes les Pyrénées et m’écris une lettre

Que je ne reçois jamais dans ma boîte

Je me réveille ce matin, le goût de sang sur les lèvres

Tu n’existes que dans mes angoisses

Ma peau, mon oreille, ma langue et mon odorat oublient ton corps

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Je retourne le désir dans tous les sens, il n’existe pas

Tu me désires le premier, je te contourne sagement

Je baise un autre homme dans les toilettes du camping

Je me retourne sur toi lorsque je me retrouve seule

Tu me dévores de tes yeux clairs, je tombe dans un trou

Je me réveille avec ta langue sur mon clitoris

Nous baisons dans l’herbe et sur la pierre

Dans le lac et dans mes draps

Sur un chaise et sur un matelas

Je me dénude, tu ignores mes vêtements

Je ne ferme pas l’œil la nuit, je préfère nos peaux

Elles se décollent l’après-midi, sans douleur

Tu retrouves la liberté et le silence

Je rencontre l’angoisse et la solitude

Tu laisses la maison vide et froide

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Je remplis la baignoire d’eau brûlante

Je me masturbe sans ton image

Je crie longtemps, personne n’écoute

Je m’installe devant mon roman qui piétine

Les mots s’imposent d’évidence

Je tombe amoureuse d’un mirage

Je connais le même depuis six mois

Est-ce que tu te souviens ?

Est-ce que tu te touches ?

Est-ce que tu reviens ?

Je t’écris une lettre d’amour chaque matin

Je ne la poste jamais, sinon tu la reçois

J’ai honte de ma naïveté et de mon obsession

Je ne te désire plus depuis l’infection

Je rêve de passion et de complétude sans te connaître

Qui es-tu ?

M’aimes-tu ?

Tu ignores tout de ma souffrance

Je la garde entre mes intestins

Je brûle de te connaître, de te toucher et de te sourire

Seulement si tu me désires en premier

août 2019, Castres

Sortir de l’hétérosexualité

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je suis encore en train d’attendre

j’ai envoyé un message quand il est parti

pour le remercier de quoi ? d’avoir enfoncé ses doigts dans mon vagin comme je lui ai demandé ?

c’est un bon élève : il apprend de ses erreurs

je l’ai rencontré à une fête samedi soir

je l’ai embrassé après qu’il a avalé son falafel

c’était bon de danser en même temps

toutes les mains se collent sur toutes les parties du corps

il a toujours les cheveux fins et le sexe rouge

on rentre chez moi, je lui fais des compliments

je lui demande ce qu’il veut faire : me caresser, me pénétrer

pas de pénétration ce soir, je dis

je le masturbe avec mes doigts, il jouit

il pose la tête sur l’oreiller et s’endort

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je le réveille : et mon plaisir à moi ?

je suis trop fatigué, il dit

tu peux rentrer dormir chez toi alors, je réponds

il sort du lit, s’habille, prend ses affaires

ses yeux fixent les miens : ton regard a changé, il remarque

normal, j’ai quitté la séduction

c’est la 17ème fois qu’un homme s’endort après avoir joui

je n’ai plus la patience d’écouter les ronflements toute la nuit

je veux jouir moi aussi

tu enfonces deux doigts dans mon vagin et tu suces mon clitoris

tu as 38 ans, tu sais faire, non ?

il a changé d’avis, il veut rester

nous sommes dans mon lit, il met sa tête entre mes jambes

je lui demande de continuer

je jouis, il s’endort pour de bon. il ronfle

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est-ce que je supplie les hommes de me donner un orgasme à chaque fois ?

est-ce que je suis égoïste, je ne leur en donne plus ?

est-ce que je couche avec des femmes pour avoir du vrai sexe ?

du vrai sexe où les deux parties s’excitent, se désirent, se donnent du plaisir

sortir de l’hétérosexualité pour sortir de l’hétérosexisme, de l’hétéropatriarcat

là où seule la queue de l’homme compte

donne du plaisir n’est pas une option, pas un effort, pas un service

donner du plaisir, c’est faire du sexe

recevoir du plaisir, c’est faire du sexe

j’attends toujours de faire du sexe

ma libido attend

maud amour

25 ans – joyeux anniversaire Marie

juin 2019, Paris

je suis exhibitionniste

Paulasonic a cinq ans et breaking news elle est amoureuse

tu vois tu trembles des jambes mais moi c’est mes côtes elles se rentrent dedans h24

je cherchais une sortie de secours hier mais il n’y avait que la porte et ta face en face de la mienne

j’ai pas le choix j’ai plongé dedans et je m’en mords les mains x1000

sérieux pourquoi c’est la vie détestée celle où je ressens des trucs pas humains

la tristesse de la solitude de mon être qui s’expose every day sur insta

jmen fous des autres qu’ils me regardent et rient un peu parce que c’est ridicule ce spectacle

dans 30 jours je monte sur le bateau et je m’éloigne des côtes putain je peux pas attendre

d’être dans le silence et de perdre mon exhibitionnisme parce que plus personne ne voit

mon corps nu dans mon appartement, mes gémissements quand tu touches mon cou

il paraît que je suis sensible mais non mon cœur s’est arrêté en 2009 et il a jamais repris

tmtc quand il m’a abandonnée dans mon océan de trahison

il est parti il m’a reprise et puis il m’a lâché une seconde fois

et ce jour j’ai fermé toutes les écoutilles j’y peux rien je dois protéger

mon corps qui n’a pas joui depuis des mois

j’étais dans les limbes du désir, perdue entre les gendarmes et les pompiers

il paraît que les fantasmes se répètent à l’infini mais nan les miens ils sonnent jamais deux fois pareil

on s’est rencontrés entre deux portes comme d’habitude

et tu me reposes la question encore mais non je te répondrai pas

il y a jamais de déception quand j’attends la personne qui remplira tout mon vide

Camille dit le mot dépression mais je veux pas le prononcer c’est trop gros

t’imagines que ce connard a détruit mon année et que je sors plus de mon pieu depuis qu’il m’a touchée

t’imagines que j’ai du péter des genoux pour qu’ils comprennent qui décide

j’fais que tourner j’enchaîne galère sur la galère j’fais mes affaires

j’écoute le même son toute la journée avec un sourire imbécile sur la tête dans le souterrain de la gare montparnasse

je rentre dans le salon de coiffure je prends la tondeuse et je rase jusqu’au sang jusqu’à l’os

je ne veux plus la voir nique sa mère je ne veux plus jamais lui parler

elle a détruit toute ma confiance et maintenant elle m’appelle sa fille

c’est quoi le délire ya que ma grand mère qui ne pose aucune question

je me tatoue si je n’ai pas de personnalité et que je me cherche

le problème c’est que maintenant je t’ai trouvé

comme si on s’était toujours connus je te jure quand je te vois

c’est la plus grande évidence du siècle

je ne peux plus jamais être amoureuse mais le désir irrigue ma chair

ma chatte a boursouflé toute la journée tellement tu l’as pilonnée

c’était une zone de non-droit même mes doigts ne rentraient plus du tout

t’imagines que je suis comme une folle quand tu regardes le haut de mon visage

mes yeux se plongent dans le tien et ça ne s’arrête jamais

il paraît que c’est évident comme l’eau de roche

je ne veux plus jamais faire l’amour j’ai eu trop mal quand j’étais petite

pourtant on ne fera que ça toutes les nuits on s’est rencontrés pour

mettre les ronds dans les trous c’est tout ce que dieu attend

je demande rien je me laisse faire et peut être que je serai heureuse un moment

j’attends le moment présent que je pourrai enfin vivre

mais toi tu m’aimes? je m’en fiche je vais te manger de toute façon

et souffrir toutes mes côtes une par une

elles s’entrechoquent toujours j’ai froid et mes pieds ne se réchauffent jamais

alors je te touche et j’oublie le sommeil je ne dors plus ça n’a pas d’importance

puisque dans cinq minutes tu seras parti

et je t’attends tout le week end à la maison

stp reviens je dois faire l’exhibitionniste

et que tu me dises que je suis belle

à crever